Mayotte : reprise préoccupante de la circulation du virus du chikungunya

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Depuis le début de l’année 2026, la situation épidémiologique du chikungunya à Mayotte présente une dynamique préoccupante, caractérisée par une augmentation progressive du nombre de cas hebdomadaires.

Au total, 175 cas confirmés de chikungunya ont été recensés sur le territoire depuis le début de l’année.

Alors qu’entre les semaines S01 et S05-2026 la circulation virale est demeurée modérée, une accélération de la transmission est observée à partir de la semaine S06-2026, avec 42 cas confirmés, soit près de cinq fois la moyenne enregistrée au cours des cinq semaines précédentes. L’augmentation de la circulation virale se poursuit en S07, avec 74 cas notifiés, traduisant une intensification de la transmission sur le territoire. En S08-2026, 16 nouveaux cas ont été rapportés à ce stade (données non consolidées).

Cette évolution témoigne d’une transmission active et soutenue du virus dans un contexte environnemental favorable à la prolifération du vecteur Aedes (moustique tigre).

Le taux de positivité des tests réalisés en laboratoire pour le virus chikungunya est passé de 12 % en S04 à 33 % en S07, traduisant une intensification rapide de la circulation virale.

Les cas confirmés sont majoritairement concentrés dans les communes du sud de l’île : Sada (39 cas), Chirongui (21 cas), Bouéni (21 cas) et Kani-Kéli (19 cas). En dehors de ces communes, c’est dans la commune de Mamoudzou que l’on retrouve le plus grand nombre de cas (19 cas). Cette répartition géographique, s’explique en partie par des conditions climatiques plus favorables à la prolifération du vecteur dans le sud de l’île.

Mayotte est maintenant passé en phase pré-épidémique pour le chikungunya.

L’analyse spatiale récente (18/02/2026) du risque de propagation vectorielle met en évidence une densité vectorielle beaucoup plus importante dans le centre, le nord-est (Mamoudzou et Koungou) ainsi qu’en Petite-Terre, ce qui augmente le risque de propagation du virus du chikungunya dans ces secteurs.

Contrairement à l’épisode épidémique précédent survenu en 2025, qui avait débuté au mois de mars, la circulation virale actuelle intervient dans un contexte saisonnier différent, en pleine saison de pluies, caractérisé par une densité vectorielle déjà élevée en début d’année. Les conditions climatiques récentes, associant chaleur et humidité, sont favorables à la prolifération des moustiques du genre Aedes (moustique tigre), vecteurs du virus. La persistance des coupures d’eau conduit une part importante de la population à pratiquer le stockage domestique de l’eau dans des contenants souvent non protégés, constituant ainsi des gîtes larvaires potentiels. À cela s’ajoute une accumulation chronique de déchets, aggravée par les conséquences encore visibles des événements climatiques récents (Chido et Dikeledi), créant de multiples sites de reproduction pour les moustiques.

Source : Santé publique France. Surveillance épidémiologique à Mayotte. Date de publication : 20 février 2026

Zones Associées: Mayotte, Mayotte

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