Mayotte : recrudescence des cas importés de paludisme et réémergence des cas de paludisme acquis localement

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A Mayotte, 86 cas de paludisme ont été déclarés entre le 01/01/2026 et le 15/04/2026. Ce nombre de cas représente, en un peu moins de quatre mois, près de 80 % de l’ensemble des cas enregistrés sur toute l’année 2025 (111 cas). Sur ces 86 cas, 81 sont des cas importés, tandis que 5 sont cas confirmés avec suspicion d’acquisition locale.

C'est la deuxième année consécutive que des cas de paludisme autochtone ont été identifiés à Mayotte, après plusieurs années sans cas autochtone détectés (les derniers cas dataient de juillet 2020 et 5 cas acquis localement ont été identifiés en juin et juillet 2025).

Plasmodium falciparum est l’espèce prédominante, représentant 98 % des cas déclarés en 2025 et 100 % des cas déclarés à Mayotte en 2026.

Cette évolution du paludisme à Mayotte survient dans un contexte de recrudescence du paludisme dans les pays de la zone d’échanges, notamment à Madagascar et aux Comores. En 2025, sur les 106 cas importés, 95 % provenait de l’Union des Comores. Les autres cas étaient originaires des îles et pays africains voisins, notamment de Tanzanie (5 cas), de Madagascar (2 cas), du Burundi (1 cas), du Rwanda (1 cas) et du Cameroun (1 cas).

Mayotte est entrée en phase d’élimination du paludisme depuis 2014. La réémergence de cas de paludisme acquis localement en 2025 et 2026, souligne que le risque de réintroduction demeure permanent à Mayotte. Celui-ci est lié à la présence de moustiques vecteurs compétents, principalement Anopheles gambiae s.l. et Anopheles funestus.

Le département demeure donc vulnérable, en particulier en raison de l’augmentation des cas importés. Bien que le territoire reste engagé dans une démarche d’élimination, le contexte actuel impose un renforcement des mesures de surveillance, de prévention et de lutte anti-vectorielle, afin de prévenir toute reprise durable de la transmission locale.

Concernant les voyageurs, à ce jour, la mise en œuvre d'une chimioprophylaxie du paludisme pour un séjour à Mayotte n'est pas recommandée, la prévention reposant uniquement sur les mesures de protection personnelle antivectorielle. Il est par ailleurs conseillé de consulter rapidement un médecin en cas de fièvre sur place ou dans les trois mois suivant le retour.

Source : Santé publique France. Surveillance épidémiologique du paludisme à Mayotte. Bilan 2025 et situation du 01/01 au 15/04/2026. Publié le 16 avril 2026

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