Une nouvelle étude montre la possibilité de co-administrer les vaccins avec adjuvant AREXVY et SHINGRIX chez les adultes de 50 ans et plus

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Les adultes de 75 ans et plus, et les personnes âgées de 65 ans et plus, présentant des pathologies respiratoires chroniques (en particulier une bronchopneumopathie chronique obstructive) ou cardiaques (en particulier, l’insuffisance cardiaque) sous-jacentes sont exposés à un risque accru de développer une forme grave d'infection par le virus respiratoire syncytial (VRS).

Les adultes immunocompétents de 65 ans et plus, et les personnes âgées de 18 ans et plus, immunodéprimées, sont exposés à un risque accru de développer un zona.

Selon leurs AMM respectives les vaccins AREXVY contre le VRS  (vaccin recombinant à base d’antigène RSVPreF3 dérivé de la protéine F du VRS avec adjuvant AS01E) et SHINGRIX contre le zona (vaccin recombinant à base de glycoprotéine E du Virus Varicelle-Zona, avec adjuvant AS01B) peuvent être co-administrés.

La revue Clinical Infectious Disease vient de publier les résultats d’un essai clinique de phase III qui avait pour objectif d’évaluer l'immunogénicité, la sécurité et la réactogénicité du vaccin AREXVY co-administré avec la première dose du vaccin SHINGRIX chez les adultes de 50 ans et plus, comparativement à l'administration séquentielle de ces deux vaccins.

Cet essai ouvert et randomisé selon un ratio 1:1, a été mené du 28 juillet 2023 au 29 juillet 2024 dans 20 centres au Canada et aux États-Unis.  Les participants ont reçu soit la dose d’AREXVY simultanément à la première dose de SHINGRIX à J1 (groupe Co-Ad), soit la première dose de SHINGRIX à J1 suivie de la dose d’AREXVY à J31 (groupe témoin). Dans les deux groupes, une deuxième dose de SHINGRIX a été administrée à J61.

Au total, 530 participants (265 dans chaque groupe) ont été recrutés et vaccinés. Parmi eux, 511 (96,4 %) ont terminé l'étude. Les caractéristiques démographiques initiales étaient comparables entre les groupes d'étude.

Évaluation de l'immunogénicité

Les moyennes géométriques des titres (MGT) d’anticorps neutralisants VRS-A/B et des concentrations d'anticorps (MGC) d’anticorps anti-gE du virus varicelle-zona (VZV) ont été mesurés respectivement avant l'administration du vaccin AREXVY ou SHINGRIX et un mois après dans les deux groupes. Les ratio contrôle/Co-Ad de MGT neutralisants pour le VRS-A (1,1 [IC à 95 % = 1,0–1,4]) et le VRS-B (1,0 [0,8–1,2]), et le ratio contrôle/Co-Ad de MGC des anticorps anti-gE (1,2 [1,1–1,4]) ont satisfait aux critères de non-infériorité (ratio <1,5).

Une évaluation plus approfondie des réponses immunitaires humorales aux deux vaccins, a reposé sur l’évaluation de l’augmentation des MGT d’anticorps neutralisants VRS-A/B et des MGC d’anticorps anti-gE du VZV après la vaccination.

  • Les taux de réponse sérologique étaient de 78,5 % (72,9–83,5) pour le VRS-A et de 80,6 % (75,1–85,3) pour le VRS-B dans le groupe Co-Ad, et de 80,4 % (74,5–85,4) pour le VRS-A et de 74,9 % (68,6–80,5) pour le VRS-B dans le groupe témoin.
  • Les taux de réponse vaccinale, exprimés en concentrations d'anticorps anti-gE du VZV, étaient de 92,9 % (88,4–96,1) dans le groupe Co-Ad et de 96,5 % (92,5–98,7) dans le groupe témoin.

Évaluation de la sécurité et de la réactogénicité

Les événements indésirables (EI) sollicités (EI au site d’administration et EI systémiques) ont été recherchés dans les 7 jours suivant la vaccination.

Dans les 7 jours suivant la vaccination,

  • 71,7 % (groupe Co-Ad : après la dose 1 de SHINGRIX et AREXVY ; grade [Gr] 3 = 3,9 %), 58,5 % (groupe Contrôle : après la dose 1 de SHINGRIX ; Gr3 = 1,9 %) et 47,8 % (Contrôle : après l’AREXVY ; Gr3 = 1,2 %) des participants ont signalé des événements indésirables (EI) sollicités au site d'administration. La douleur au point d'injection était l'effet indésirable au site d'administration le plus fréquemment rapporté dans les deux groupes, pour chaque vaccin. La durée médiane de chaque effet indésirable au site d'administration rapporté était de 2 jours ;
  • 73,6% (groupe Co-Ad : après la dose 1 de SHINGRIX et AREXVY ; grade [Gr] 3 = 9,3%), 60,4 % (groupe Contrôle : après la dose 1 de SHINGRIX ; Gr3 = 6,2 %) et 49,4 % (Contrôle : après l’AREXVY ; Gr3 = 3,7 %) des participants ont signalé des événements des EI systémiques. Les myalgies, la fatigue et les céphalées étaient les effets indésirables systémiques les plus fréquemment rapportés. La durée médiane de chaque effet indésirable systémique rapporté était ≤ 2 jours.

Globalement, une fréquence plus élevée d’effets indésirables rapportés a été observée chez les participants plus jeunes (50-59 ans et 60-69 ans) dans les deux groupes (Co-Ad et contrôle).

Les EI non sollicités survenant dans les 30 jours suivant chaque dose de vaccin ont été recueillis lors d'entretiens mensuels (J1/J31/J61/J91). Tous les événements indésirables graves (EIG), les maladies potentiellement à médiation immunitaire (MPMI) et les EI ayant entraîné l'arrêt de l'étude ont été consignés s, du jour 1 jusqu'à 6 mois après la dernière vaccination.

Dans les 30 jours suivant toute vaccination, 23,4 % (Gr3 = 0,8 %) des participants du groupe Co-Ad et 30,2 % (Gr3 = 1,1 %) des participants du groupe témoin ont signalé au moins un effet indésirable non sollicité. Treize participants (4,9 %) du groupe Co-Ad et six (2,3 %) du groupe témoin ont rapporté des événements indésirables graves (EIG), aucun n'étant fatal ni lié à la vaccination. Un participant (0,4 %) du groupe Co-Ad, âgé de 60 à 69 ans et ayant des antécédents de paralysie de Bell, a rapporté une exacerbation de sa paralysie 32 jours après la co-administration des deux vaccins ; cette paralysie non grave a été considérée comme liée à la vaccination par l'investigateur et avait disparu à la fin de l'étude. Deux participants (0,8 %) du groupe témoin, âgés de 50 à 59 ans, ont présenté des épisodes de goutte ; ces cas de maladies inflammatoires n’ont pas été considérés comme liés à la vaccination. Aucun cas de syndrome de Guillain-Barré, d’encéphalomyélite aiguë disséminée ou d’autres affections neurologiques démyélinisantes n’a été rapporté.

Les auteurs concluent que leur étude a démontré que la co-administration des vaccins avec adjuvant AREXVY et SHINGRIX induit une réponse immunitaire non inférieure à celle obtenue par l'administration séquentielle de ces vaccins chez les adultes de 50 ans et plus, avec des profils de sécurité et de réactogénicité cliniquement acceptables.

Source : Roussy JF et col. Immunogenicity and Safety of the Adjuvanted Respiratory Syncytial Virus Prefusion F Protein-Based Vaccine When Co-administered With the Adjuvanted Recombinant Herpes Zoster Subunit Vaccine in Adults ≥ 50 Years of Age.  Clin Infect Dis. 2026 Apr 29:ciag208.

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