Les recommandations sanitaires aux voyageurs en 2026
Chapitre 1 - Recommandations vaccinales actualisées pour les voyageurs
Chapitre 2 : Risques liés aux arthropodes et protection personnelle anti-vectorielle
Risques liés aux arthropodes
Ce chapitre comporte un tableau récapitulatif qui résume pour les principaux arthropodes, les maladies et agents infectieux transmis, leur période d’activité, les zones à risque et les grands principes de prévention, et un texte littéral. Son contenu est quasiment identique à ce qu’il était dans les recommandations de 2025. Seuls quelques oublis semblent avoir été compensés, l’utilisation de moustiquaire ayant été rajoutée aux mesures de prévention à mettre en œuvre face aux Anophèles (moustiquaires imprégnées dans ce cas), Aedes et Culex.
Protection contre les piqûres d’arthropodes
Notons qu’en juin 2026, le HCSP a publié une actualisation de ses recommandations en terme de protection personnelle antivectorielle dont la précédente mouture datait de 2012. Les recommandations pour les voyageurs ont intégré une figure issue des ces dernières recommandation synthétisant les recommandations de PPAV.

Figure 1 : Synthèse des recommandations de protection personnelle anti-vectorielle.
Les mesures recommandées
Dans cette nouvelle, le choix a été de résumer les mesures clés de PPAV recommandées par le HCSP dans les « Recommandations sanitaires aux voyageurs à l’attention des professionnels » de 2026.
Les mesures physiques sont à privilégier le HCSP recommandant :
- La moustiquaire imprégnée de pyréthrinoïdes à longue durée d’action ayant obtenu une AMM pour lit ou berceau en zone impaludée ; elle est également fortement recommandé pour la prévention des piqûres de phlébotomes, notamment si l’utilisation de moustiquaires à mailles très fines est mal acceptée.
- La moustiquaire de lit non imprégnée (si l’imprégnation n’est pas possible) ou en l’absence de risque de paludisme.
- Le port de vêtements amples, couvrants (manches longues, pantalon, chaussettes et chaussures fermées) et légers, de couleur claire pour se protéger des piqûres de moustiques. Pour la prévention des piqûres de tiques, la couleur claire permet de mieux repérer les tiques, et le bas du pantalon doit être rentré dans les chaussettes ; le port d’un chapeau est recommandé pour éviter les piqûres des tiques sur le cuir chevelu, particulièrement pour les enfants.
- Les moustiquaires aux ouvrants (fenêtres et portes).
- L’utilisation de la climatisation et de ventilateurs ou brasseurs d’air est recommandée en complément des autres mesures de protection contre les moustiques à l’intérieur des habitations.
Les répulsifs
Les répulsifs sur les parties du corps non couvertes contenant du DEET, de l’IR3535 et du KBR3023 (ou icaridine), et ayant une AMM en France, sont recommandés comme mesure complémentaire aux autres mesures de prévention pour le voyageur en zone d’endémie palustre, et en tout lieu en cas de risque élevé de transmission d’arbovirus. L’AMM est assortie d’un résumé des caractéristiques du produit (RCP) qui indique les instructions d’emploi. Compte tenu de la large gamme de produits commercialisés il est indispensable de se référer aux instruction d’emploi de leur RCP. La lotion doit être privilégiée car elle permet une meilleure application sur les parties découvertes du corps.
L’HEC (huile d’Eucalyptus citriodora, hydratée, cyclisée) est en cours d’évaluation au niveau européen, et les produits à base de cette substance active ne bénéficient pas encore d’une AMM. Ils ne sont pas recommandés.
Le HCSP a revu les concentrations en principe actif pour les enfants (Tableau 1).
Les règles d’usage n’ont pas changé, le HCSP ayant rajouté que les répulsifs sont à stocker dans un lieu inaccessible aux enfants.
Mesures d’appoint
Le HCSP recommande les diffuseurs électriques d’insecticide, mais ils ne doivent pas être utilisés dans les chambres où séjournent les petits enfants et les femmes enceintes. Notons que dans ses recommandations spécifiques à la PPAV le HCSP restreint cet usage aux dispositifs ayant une AMM en France. L’Imprégnation des vêtements par le DEET et l’IR3535 est également possible.
Ne sont pas recommandés car leur efficacité ou leur innocuité n’est pas démontrée
- Les bracelets anti-insectes compte tenu d’une toxicité potentielle notamment chez les enfants ;
- les huiles essentielles car elles sont trop volatiles ;
- les appareils sonores à ultrasons ;
- les rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide ;
- l’ingestion de vitamine B1, de produits homéopathiques, ou d’ail ;
- les pyréthrinoïdes pour l’imprégnation des tissus étant donné leur balance bénéfice/risque défavorable ;
- les aérosols insecticides compte tenu de leur faible efficacité à titre préventif et des conditions d’usage des AMM délivrées en France (limitées à leur pulvérisation directe sur l’insecte) ;
- les serpentins fumigènes en l’absence d’AMM et en raison des effets observés sur la santé humaine.
Maladie à virus Oropouche
L’actualisation des donnés épidémiologiques est conséquentes, mais les recommandations sont identiques à celles de 2025.
Chapitre 3 : Paludisme
Ce chapitre des « Recommandations sanitaires … » a bénéficié de profondes modifications par rapport à la version de 2025 apportant une aide majeure à la décision de mise en place d’une chimioprophylaxie.
Actualisation des données épidémiologiques
Comme chaque année ce chapitre débute par une mise à jour conséquentes des données épidémiologiques concernant le paludisme.
Il est permis d’attirer l’attention sur certains points.
Paludisme au niveau mondial
- Le nombre de décès en lien avec le paludisme augmente, et il n’y a pas de diminution de l’incidence globale et du taux de mortalité.
- Quatre pays cumulent l’essentiel des cas de paludisme, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Niger et la Tanzanie.
- Plusieurs points de vigilance sont signalés :
- Le développement de la résistance à l’artémisine connue en Asie du sud Est, mais signalée également sur le continent africain ;
- le développement de la résistance aux insecticides chez l’Anophèle ;
- la diffusion de la délétion du gène pfhrp2 chez Plasmodium falciparum qui rend inopérant les tests de diagnostic rapide ciblant la protéine HRP2 ;
- l’expansion sur le continent africain de l’espèce Anopheles stephensi, vecteur du paludisme adapté au milieu urbain.
En France :
- En 2025, le nombre de cas de paludisme d’importation a chuté de près de 20% par rapport à 2024 ;
- les personnes les plus exposées sont toujours les personnes issues de l’immigration, résidant en France et voyageant pour rendre visite à leurs proches en zone d’endémie, avec cinq pays représentant plus de 80 % des cas (Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Comores et Gabon) ;
- Plasmodium falciparum est à l’origine de 87 % des cas ;
- le pourcentage de formes graves reste élevé (16 %) ;
- 18 cas de paludisme autochtone ont été signalés en 2025 contre 14 en 2024 ;
- les suspicions d’échec prophylactique explorées par dosages plasmatiques n’ont pas été confirmées lorsque les prélèvements disponibles permettaient l’interprétation.
Le nombre de cas de paludisme à P. vivax observé en Guyane a diminué en 2025 en comparaison avec 2024. Les cas observés début 2026 concernent principalement des zones d’orpaillage dans le secteur des savanes et Saint-Élie.
Le HCSP attire l’attention sur Mayotte où une réintroduction autochtone a été rapportée dès 2025 à partir de cas importés, principalement en lien avec les Comores. Le CNR a rapporté 11 cas potentiellement liés à une transmission autochtone, alors qu’aucun cas autochtone n’avait été observé depuis juillet 2020. En 2026, cette tendance s’est confirmée et amplifiée : au 29 mai, 197 cas de paludisme ont été enregistrés, dont 71 suspectés d’être acquis localement, 109 cas importés et 17 cas de statut indéterminé. Les cas probablement acquis localement l’ont principalement été dans les communes du Sud de Mayotte.
Des voyageurs inégalement exposés au paludisme et à sa gravité
Concernant le motif du voyage, les personnes issues de l’immigration et leurs familles, résidant en France, le plus souvent depuis de plusieurs années, et voyageant pour rendre visite à leurs proches en zone d’endémie (« voyageurs retournant au pays » ; Visiting friends and relatives (VFR) » en anglais), sont une population particulièrement à risque de paludisme. Cependant, les voyageurs professionnels qui se rendent en zone à risque et les voyageurs touristiques qui font un séjour de plus de un mois, voyagent en saison des pluie, séjournent en zone rural ou dans des conditions de type « routard » ont également un niveau d’exposition élevé.
Certains voyageurs sont par ailleurs plus à risque de forme grave de paludisme : femme enceinte, enfant âgé de moins de 6 ans, immunodéprimé, asplénique, personne âgée, présence de comorbidités.
L’hétérogénéité des profils de voyageurs est un élément à prendre dans la décision de mise en place d’une chimioprophylaxie antipaludique (CPAP).
Les moyens de prévention
Les moyens de prévention disponibles sont identiques à ce qui existait en 2025.
Rappelons que les mesures de PPAV sont recommandées pour tous les voyageurs à destination des zones à risque d’exposition au paludisme, quel que soit le niveau de risque, l’imprégnation des vêtements par la perméthrine n’étant plus recommandée.
Une consultation sans délai en cas de fièvre pendant le séjour ou dans les 3 mois qui suivent le retour en informant le professionnel de santé sur la notion de voyage dans les 3 derniers mois est également essentielle, permettant un diagnostic et une prise en charge rapide.
Les différents schémas de CPAP reposent toujours sur trois molécules, l’association atovaquone-proguanil, la doxycycline voire la méfloquine.
Comment décider de la mise en place d’une chimioprophylaxie ?
Cette présentation des nouvelles « recommandations… » n’a pas pour objectif de décrire les différentes stratégies qui peuvent être proposées à un voyageur, mais a la volonté de présenter les évolutions proposées cette année, en particulier dans l’aide à la démarche décisionnelle.
La décision de mise en œuvre (ou non) d’une CPAP repose toujours sur les mêmes critères :
- La typologie du voyage qui va permettre d’évaluer l’intensité de l’exposition et dépend :
- Du type de séjour avec l’opposition classique entre voyage « conventionnel » et « non conventionnel » ;
- de la zone géographique fréquentée nécessitant de prendre en compte pour certains pays l’hétérogénéité du risque en fonction de la zone ;
- de la durée du séjour permettant de distinguer les séjours « courts » (< 1 mois), les séjours « longs » (> 3 mois), les séjours itératifs de courte durée, l’expatriation, et l’alternance d’un séjour en zone non endémique puis endémique.
- La typologie du voyageur, en prenant en compte en particulier,
- La présence d’un terrain à risque de forme grave de paludisme,
- l’existence de contre-indications ou de la nécessité de précautions particulières en lien avec les molécules disponibles dans le cadre d’une CPAP (interactions médicamenteuse, grossesse, allaitement…).
Les recommandations de 2026 vont proposer plusieurs aides à la décision.
- Le chapitre 3 « Paludisme » inclut un ensemble de cartes localisant plusieurs niveaux de risque (élevé, modéré, faible ou absent, et selon les cas saisonnier) pour sept zones géographiques (Afrique, Amérique centrale et Caraïbes, Amérique du Sud, Asie du Sud (sous-continent indien), Asie du Sud Est, Indonésie, Océanie).
- Un ensemble de fiches synthétiques (annexe 1) de conseils concernant uniquement les séjours « conventionnels » (séjours de moins de un mois sans nuitée en zone rurale) de voyageurs ne présentant pas de facteurs de risque. Ces fiches qui synthétisent les recommandations, incluent les mesures de CPAP. Elles distinguent les zones géographiques suivantes où existent un risque de paludisme combinant tableaux récapitulatifs et carte du risque d’acquisition du paludisme présentée dans le chapitre 3 « Paludisme ».
- Pour l’Afrique
- Afrique Australe : on peut considérer que la carte du continent africain alourdit la lecture puisqu’il est proposé une carte détaillée de la zone.
- Afrique Centrale : seule la carte globale du risque pour le continent africain est disponible.
- Afrique de l’Est : la carte globale de du risque pour le continent africain est complétée par trois cartes détaillées pour l’Ethiopie, le Kenya et la Tanzanie.
- Afrique de l’Ouest : la carte globale de du risque pour le continent africain est complétée par un carte détaillée pour le Sénégal.
- Pour l’Amérique, trois zones sont distinguées, le Mexique et Amérique Centrale, l’Amérique du Sud et les Caraïbes. Les cartes du risque du paludisme sont identiques à celles présentées dans le chapitre « Paludisme ».
- Pour l’Asie, on distingue l’Asie du Sud-Est qui inclut ici l’Indonésie, et Asie du Sud (Sous-continent indien). Les cartes du risque du paludisme sont identiques à celles présentées dans le chapitre « Paludisme ». On note que la carte de l’Océanie a probablement été positionnée par erreur ici.
- Pour l’Océan indien la une carte utilisée est un « focus » de la carte du continent africain, facilitant la visualisation des zones à risque.
- Pour l’Océanie avec la carte correspondante.
- Pour l’Afrique
- Un tableau récapitulant la situation du paludisme et les recommandations de 2026 (annexe 4). Ce tableau présenté depuis de nombreuses années dans les « Recommandations … » a été amélioré pour ce qui concerne l’évaluation du niveau de risque d’exposition en fonction de la zone fréquentée. Outre la mise à jour attendue, le HCSP a eu la volonté de reprendre les niveaux de risque cartographiés (élevé, modéré, faible, aucun) en les exprimant de manière littérale, différenciant les régions et zones pour chaque pays quand cela était nécessaire. En cas de transmission saisonnière, les périodes à risque sont également précisées. Notons que certaines cartes de risque ont été incluses à ce tableau.
La troisième colonne décrit les recommandations. Si dans l’ensemble, leur prise en compte est aisée, on peut être confronté dans certains cas à une interprétation malaisée pour ce qui concerne la mise en route d’une CPAP, le lien entre indication de CPAP et risque n’étant pas toujours très clair.
- On constate pour plusieurs pays (Bolivie, Brésil …) que les indication de CPAP qui pouvaient être limitées aux « expositions particulières » ou au terrains à risque de forme grave de paludisme pour les zones à risque élevé en 2025 ne le sont plus ;
- dans certains cas, une CPAP reste indiquée pour les « expositions particulières » ou les terrains à risque de forme grave de paludisme, mais le niveau de risque à prendre en compte n’est pas précisé, le terme CPAP « pour les zones signalées/indiquées/citées » étant employé. Si l’on prend l’exemple du Cambodge, qui comprend une zone à risque modéré et une zone à risque faible, il est permis de se demander si une CPAP est à mettre en place dans les deux cas.
Remarque : Signalons qu’en cas de séjour à Mayotte, selon le HCSP, une CPAP peut être envisagé pour des séjours non conventionnels dans les zones où des cas autochtones ont été observés en cas de séjour à risque ou de risque de forme grave.
Chapitre 4 : Diarrhée du voyageur et autre risques alimentaires
Diarrhée du voyageur
Les données épidémiologiques ont été actualisées, en particulier pour ce qui concerne la résistance aux antibiotiques des principales bactéries responsables de diarrhée du voyageur...
Concernant la prophylaxie médicamenteuse, si le bismuth sous forme de nitrate est disponible en France, de même que la rifaximine, ces médicaments de sont pas recommandés dans cette indication.
Concernant la démarche diagnostique, le HCSP ouvre la porte aux techniques de PCR si une analyse de selles est pratiquée.
Le HCSP précise que le loperamide, ralentisseur de la motricité intestinale dont les indications sont restreintes, appartient à la classe des opioïdes et fait partie des molécules susceptibles d’allonger l’intervalle QT.
Concernant l’antibiothérapie dont les indications n’ont pas changées :
- Azithromycine
- La prescription
- doit respecter les contre-indications et les précautions d’emploi (en particulier en cas d’allongement de l’intervalle QT, de traitement concomitant par des substances actives connues pour allonger l’intervalle QT, d’hypokaliémie ou d’hypomagnésémie, de bradycardie cliniquement significative, d’arythmie cardiaque et d’insuffisance cardiaque grave) ;
- être précédée de la recherche de contre-indications (antécédent de réaction allergique à un macrolide, association avec les alcaloïdes de l’ergot de seigle, le cisapride ou la colchicine, insuffisance hépatique sévère) ;
- doit être accompagnée d’une information sur les possibles effets indésirables ;
- est possible quel que soit le terme de la grossesse compte tenu des données rassurantes en termes de pharmacovigilance.
- Le HCSP précise que l’azithromycine peut favoriser le développement de résistance bactérienne compte tenu de concentrations décroissantes et durables dans le plasma et les tissus après la fin du traitement, ce qui a engendré en 2025 des recommandations modifiant l’utilisation de cet antibiotique.
- La prescription
- Ciprofloxacine
- Le HCSP insiste sur l’importance d’avoir avoir évalué le bénéfice de la ciprofloxacine au regard du risque des effets indésirables attendus de cet antibiotique, et d’avoir informé le patient des effets indésirables potentiels de cette fluoroquinolone ainsi que des symptômes qui doivent l’alerter lors du traitement, notamment ceux qui imposent de contacter rapidement un médecin dès leur apparition (Toute personne ayant pris une fluoroquinolone doit contacter rapidement son médecin dès l’apparition des symptômes suivants : gonflement douloureux des tendons ou articulations, douleurs et/ou faiblesse inhabituelles au niveau des bras ou des jambes, palpitations ou sensations de battements du cœur irréguliers ou rapides, difficultés à respirer, gonflement des jambes, baisse de la vision ou apparition de tout autre trouble oculaire, rougeurs, irritations ou démangeaisons au niveau de la peau, notamment suite à une exposition au soleil ou aux rayonnements UV artificiels, l’apparition de douleurs abdominales, thoraciques ou dorsales soudaines et intenses imposant de se rendre immédiatement au service d’urgence d’un hôpital). Voir cet article sur la sécurité d'emploi des fluoroquinolones.
- Concernant la grossesse et l’allaitement, le risque de survenue d'atteintes articulaires du fœtus causées par la ciprofloxacine n’est pas documenté. La ciprofloxacine peut ainsi être utilisée si nécessaire au cours de la grossesse. La ciprofloxacine est très peu excrétée dans le lait maternel, et peut être utilisée pendant l’allaitement.
Risques spécifiques liés à la consommation de produits animaux
Un nouveau chapitre est consacré aux intoxications par les végétaux et les métaux lourds. Il est repris ci-dessous dans son intégralité.
L'ingestion, le plus souvent accidentelle, de certains fruits, champignons ou herbes peut entraîner une toxicité.
Certaines herbes proposées en médecine ayurvédique (“aushadha”) peuvent également être toxiques, si elles sont mal utilisées.
En Amérique du Sud, les ingestions volontaires d’ayahuasca à visée psychédélique exposent à des risque (voir chapitre drogues).
Les intoxications par métaux lourds surviennent le plus souvent par ingestion, dans un contexte d’exposition environnementale, professionnelle ou domestique. Les enfants peuvent être exposés lors de comportements d’ingestion anormaux de type “pica”, en particulier lors d’ingestion d’écailles de peinture contenant du plomb. Du plomb peut aussi être retrouvé en concentration anormalement élevée dans des céramiques, des ustensiles de cuisine, des jouets, des épices... fabriqués dans les pays à faibles revenus ainsi qu’autour de certaines industries polluantes.
L'application répétée de produits cosmétiques contenant du plomb ou autres métaux lourds peut également être une source de contamination. Ils sont le plus souvent appliqués sur la face ou autour des yeux, notamment chez des nouveau-nés ou nourrissons pour chasser le mauvais oeil (“surma”, “kohl”, “kajal”), ou utilisés chez des femmes à visée religieuse (poudre colorée rouge orangée _“sindoor” ou “bibhuti_”) ou cosmétique (kohl, crème blanchissante).
Une attention particulière doit également être portée pour les voyageurs, sur des médications contenant des métaux lourds proposées dans le cadre de traitements curatifs ou préventifs de différentes pathologies. Certains courants de la médecine ayurvédique ou de la médecine chinoise se basent sur le rôle supposé de certains métaux dans la physiologie humaine et peuvent proposer des médications potentiellement toxiques [219,220]. Les médications (“rasa-oushadies”) utilisées per os en cure de jouvence (“rasayana chikitsa”) contiennent du mercure (“parad” ou “rasa”) qui peut être toxique pour le foie ou le rein. D’autres contiennent du plomb (“naga”) ou de l’arsenic (“haritala”, “manashila”, “gouripasana”).
Chapitre 5 : Transports
Il n’a pas été identifié de changement notable par rapport à la version antérieure.
Chapitre 6 : Risques liés à l’environnement et exposition à la faune ou à la flore
Comme en 2025, le chapitre « Envenimations terrestres et marines » est complété par une annexe riche en informations sur les risques d’envenimation.
Un nouveau chapitre cible les « risques spécifiques liés aux rongeurs ». Son texte est complété par un tableau de synthèse des principaux risques zoonotiques associés aux rongeurs. Étant entièrement nouveau, il est repris dans son intégralité.
Les rongeurs sont propagateurs de nombreuses maladies qu’ils peuvent transmettre directement ou indirectement à l’être humain Ils sont soit des réservoirs d’agents pathogènes qu’ils hébergent sans les transformer, soit des hôtes intermédiaires dans le cycle des agents pathogènes.
En mai 2026, le HCSP a émis un avis relatif aux mesures de prévention et de conduite à tenir chez les voyageurs à destination et au retour de zones de circulation de Hantavirus andes.
Dans cet avis ciblant l’infection à Hantavirus du Nouveau Monde de souche Andes, à l’origine de la récente épidémie à bord du navire M/V Hondius, il est précisé que le risque pour les voyageurs d’être contaminé par ce virus est considéré comme faible et limité à des zones géographiques restreintes d’Argentine et à certaines zones du Chili.
Cependant, le risque d’exposition zoonotique, via les rongeurs, à d’autres espèces d’Hantavirus ou à d’autres agents pathogènes existe quelle que soit la destination (voir tableau ci-dessous).
Le risque de contamination humaine est majoré par l’abondance du réservoir et surtout sa promiscuité avec les êtres humains.
Par exposition à risque des voyageurs, on entend :
- contact direct avec des rongeurs (morsure, …) ;
- contact indirect avec surface ou ingestion d’aliments souillés par des urines, déjections ou de la salive de rongeurs ;
- inhalation de particules virales aérosolisées à partir d’urines, de salive ou d’excréments de rongeurs infectés ;
- certaines activités :
- nettoyage de locaux inoccupés sans mesure de protection (i.e. port d’un masque chirurgical, de gants et de lunettes de protection) ;
- camping, randonnées, nuit en plein air dans des zones rurales, agriculture, ou travail forestier ou du bâtiment lors de la pratique de woofing.
Face aux risques liés aux rongeurs, il est recommandé de façon générale :
- d’éviter les contacts avec des rongeurs vivants ou morts, leurs excrétions ou leurs habitats ;
- de se laver soigneusement les mains ou de les frictionner avec un SHA après un travail ou une sortie dans la nature ;
- de ventiler les espaces fermés, d’humidifier le sol avant nettoyage et d’éviter de dormir dans des bâtiments potentiellement souillés ;
- de stocker les aliments de manière sécurisée, notamment lors de randonnées en zone rurale ;
- en cas de camping d’éviter de dormir directement sur le sol et d’éloigner les tentes des zones de broussailles et de décharges ;
- de porter un masque chirurgical dans les situations à risque d’exposition, notamment lorsqu’on rentre dans un lieu inhabité ou lors de l’aération ou le nettoyage d’un tel lieu (port de gants et de lunettes de protection en plus d’un masque).
Comme pour tout voyage, l’application des mesures d’hygiène standard est essentielle (hygiène des mains régulière à l’eau et au savon ou au soluté hydroalcoolique, hygiène des espaces privés, consommations d’aliments bien cuits ou lavés-pelés, consommation d’eau en bouteille ou stérilisée, etc.).
Chapitre 7 : Activités sportives
Le paragraphe consacré aux « baignades et contacts avec les milieux humides » est enrichi du paragraphe suivant concernant le risque de mélioïdose.
Parmi les risques liés à l’environnement, il convient de citer la mélioidose, zoonose bactérienne tropicale due à un bacille tellurique, Burkholderia pseudo mallei. Maladie endémique dans de nombreux pays, notamment en Asie du Sud-Est, elle est émergente dans d’autres territoires (Antilles et Guyane par exemple) et reste probablement sous-diagnostiquée dans de nombreuses zones géographiques. Infection sévère, opportuniste et de traitement difficile, elle se contracte par inoculation, inhalation ou ingestion de la bactérie Burkholderia pseudomallei présente dans des sols ou des eaux contaminés.
Chapitre 8 : Personnes se rendant à un grand rassemblement
Le contenu de ce chapitre n’a pas été modifié.
On peut regretter que persiste un flou pour ce qui concerne le cadre des pèlerinage en Arabie Saoudite, la lecture des « recommandations … » soulevant quelques interrogations :
- dans ce chapitre, le HCSP maintien la nécessité d’inscrire sur un Certificat International de Vaccination la vaccination contre les méningocoques ACWY, ce qui est en contradiction avec les informations délivrées dans le chapitre « Vaccinations » qui parle simplement d’un certificat ;
- la place de la vaccination contre le Covid 19 est également difficile à appréhender, les recommandations du pays étant elles-mêmes ambivalente : obligation vs recommandations, éléments de preuve à fournir…
Chapitre 9 : Risques liés à certains comportements ou situations
Le paragraphe « Risques liés à la consommation de drogues et de substances récréatives a été enrichi d’un paragraphe » repris ci-dessous.
Une attention doit être portée sur le risque de consommation d’ayahuasca, principalement en Amérique du Sud. Cette décoction (ou macération) de plantes, le plus souvent une liane grimpante Banisteriopsis caapi associée à des feuilles de Psychotria viridis aux propriétés hallucinogènes, est recherchée pour ses effets psycho-dysleptiques, dans un but d’expérience spirituelle ou mystique. Elle contient de la N,N-dimethyltryptamine qui provoque des états modifiés de conscience et des ressentis corporels, émotionnels ou intellectuels, ainsi qu’une distorsion temporo-spatiale. Initialement réservée à un cadre rituélique chamanique autochtone, sa prise est désormais l’objet d’un tourisme occidental. Sa consommation doit être encadrée par des personnes sécures capables de vérifier les contre-indications et de contrôler les risques pour les usagers (vomissements, angoisse, douleurs thoraciques, traumatismes... principalement en cas de co-administration avec d’autres produits toxiques). À long terme, elle pourrait favoriser la survenue de troubles mentaux ou psychiatriques chez certaines personnes.
Chapitre 10 : Précautions particulières selon les situations personnelles
Il n’a pas été noté de changement majeur. On retient :
- la prise en compte des recommandations 2025 de la HAS concernant la vaccination des personnes vivant avec le VIH ;
- concernant les enfants, le HCSP propose un lien permettant de s’informer sur les modalités de signalement en cas de suspicion de risque imminent pour une mineure en cas de risque identifié de mutilation génitale féminine
Chapitre 11 : Trousse à pharmacie
Le HCSP rajoute à la liste des composant d’une trousse à pharmacie un collyre antiallergique en conditionnement monodose.
Chapitre 12 : Aspects administratifs
Le plan du sous-chapitre « Voyager avec des médicaments ou des dispositifs de santé » a été modifié ce qui en facilite la lisibilité. Deux cadres sont différenciés, le voyage avec des médicaments courants et le voyage avec des médicaments stupéfiants ou assimilés. Le contenu n’a pas contre pas évolué profondément.
Une sous-chapitre « Venir en France avec des médicaments » a été rajouté. Il est présenté ici dans son exhaustivité.
La quantité transportée ne doit pas excéder un usage personnel correspondant soit à la durée de traitement prévue par l’ordonnance, soit à défaut, à trois mois de traitement. Si la durée de traitement dépasse 3 mois, il faut présenter l’ordonnance à la douane. Aucune attestation de transport personnel de médicaments stupéfiants n’est requise pour un séjour en France, mais elle peut l’être, si la destination finale est un pays situé hors de l’espace Schengen, selon la procédure mentionnée au-dessus.
Annexes
Des fiches synthétiques des principales recommandations pour les voyageurs conventionnels par grandes destinations ont été ajoutées.
Le tableau des maladies d’importation potentiellement graves et à risque épidémique a été intégralement mis à jour (tableau 17).
Référence